éméville des
années 1830
A l'époque, le village était presque central, formé de 3 rues parallèles
liées par une communication transversale. Il est bâti sur le sable.
Le duc d'Orléans était seigneur suzerain du lieu mais il y avait des
seigneurs fieffés dont l'un, appelé Rolland, fonda en 1339, dans la ville de
Soissons, un établissement appelé le collège de Bauton destiné à élever
treize étudiants ecclésiastiques.
Duboulet (André Nicolas), gentilhomme ordinaire de la chambre et fauconnerie
du roi, ayant épousé vers 1664 Mademoiselle Élisabeth de Ligny, devint
propriétaire du fief d'Éméville qui relevait du château de Crépy en Valois.
La population prit une grande part dans les désordres de la Jacquerie au
quatorzième siècle on a conservé le nom du chef qui s'appelait Lambert.
L'église est rectangulaire, à portail formé d'une arcade curviligne sans
ornement, avec des fenêtres simples ; il y a une autre porte latérale,
ogive, étroite, bouchée. La nef et un latéral au Nord sont plafonnés et
dépourvus de fenêtres. Le chœur en a une seule composée de deux ogives et
d'une rose à trois feuilles ; elle est accompagnée de fûts grêles qui
dénotent la deuxième période de l'architecture dite gothique. L'arcade
centrale est ornée d'un tore descendant sur des colonnettes ; les voûtes ont
des nervures à deux moulures cylindriques jointes.
Le clocher latéral, couvre une chapelle du même temps ; c'est une tour
carrée, terminée par quatre pignons à redents et formée de deux étages,
l'inférieur percé de longues lancettes, le deuxième de baies presque à plein
cintre avec des moulures anguleuses. Il y a des gargouilles aux angles.
La commune d'Eméville reste fortement marquée par toute l'activité liée à
l'extraction de la pierre. Depuis la fin du XIXe siècle, de nombreuses
carrières souterraines de pierre tendre ont été exploitées pour en tirer la
pierre à bâtir.
C'est dans cette commune que M. Félix Civet met au point la technique
d'extraction à la lance, à l'aube du XXe siècle, permettant d'extraire des
blocs plus volumineux.
Cette méthode d'extraction a été ensuite largement diffusée dans les
carrières de pierre tendre, aussi bien dans le bassin parisien que dans le
Poitou.
Au cours de la première moitié du XXe siècle, plusieurs carrières sont
ouvertes et bénéficient d'un chemin de fer à voie étroite genre Decauville,
surnommé le « Tacot » qui permet d'acheminer les blocs sur des wagonnets
jusqu'au dépôt de pierre de la gare d'Eméville.
De là, les blocs partaient ensuite par le chemin de fer classique jusqu'aux
chantiers de construction. Les façades de quelques immeubles parisiens
s'ornent ainsi de la pierre de la Bouloye qui a aussi voyagé jusqu'à Rennes,
Laval ou Angers.
Les carrières constituaient avec l'agriculture l'essentiel de l'activité
économique. Eméville et les villages des alentours comptaient de grandes
familles de carriers dont les descendants habitent encore sur place.
Certaines carrières ont été reconverties avec succès en champignonnières.
Malheureusement, il n'y en a plus aucune en activité.
Dans la commune voisine de Bonneuil-en-Valois, l'extraction se poursuit
encore, mais avec des moyens très modernes : haveuse à chaîne, bulldozers,
etc...
Alors que les anciennes carrières d'Eméville ne semblaient plus intéresser
personne, un petit groupe de bénévoles passionnés a entrepris de les sauver
de l'oubli et de les remettre au goût du jour.
Une association a été créée et travaille avec le soutien de la Mairie pour
que cette partie de l'histoire du village ne tombe pas dans l'oubli.
Témoin de l'âge d'or de l'extraction de la pierre, un site en particulier
fait l'objet d'un programme d'étude, de sauvegarde et de restauration.
Il s'agit d'une ancienne carrière souterraine exploitée uniquement à la
lance et restée telle qu'en 1935. Au fond, les blocs de 5 tonnes étaient
déplacés sur une voie Decauville, et un treuil équipé d'un moteur permettait
de remonter ces blocs par un puits de 20 m de profondeur. Là, ils étaient
emmenés jusqu'à la gare par un camion automobile, le premier de la région.
Les vestiges de ce treuil sont assez bien conservés et constituent une
version plus moderne du treuil à manège de la carrière Aubouin, à
Châtillon-sous-Bagneux (Hauts-de-Seine). Chacun de ces deux treuils est
unique en France.
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ÉMÉVILLE
Les Emévillois.
Code postal : 60123.
Canton de Crépy en Valois.
Superficie: 184 ha.
Altitude: 135 à 159 M.
Population: 1906 :176 h. 1975:142 h. 1999: 279h.
Autrefois : Denmevillers en 1570.
Demesville.
Dépendait de la commune de Vez de 1827 à 1833, Le Duc d'Orléans était
seigneur suzerain dulieu. A la fin du XVIII, Duboulet devient propriétaire
du fief.
Population impliquée dans la Jacquerie au XIV'
Voie ferrée Compiègne Villers-Cotterêts
Bûcherons et agriculteurs.
Trois cafés en 1900.
Trois carrières.
Aujourd'hui : église Saint-Léger,origine romane, refaite au XVII°. Clocher
en bâtière, plutôt rare dans les environs.
Personnage : Lambert d'Eméville fut un des chefs de la Jacquerie.